CV falsifiés ou arrangés… En France, les études menées par le Florian Mantione Institut, montrent que 75% des CV sont trompeurs et que 90% des candidats pensent qu’il est normal d’« arranger » son CV. Les employeurs réalisent peu de vérifications de diplômes, ce qui incite plus facilement à frauder. En effet, 2 employeurs sur 3 ne font aucun contrôle du CV. Depuis 2009, l’étude révèle une augmentation de 5% des CV trompeurs. Les causes potentielles seraient la crise et l’internet.

A quel moment peut-on réellement parler de falsification ? Que signifie le terme falsification ?

« Altération du contenu d’un texte, de l’authenticité d’un document, afin d’induire en erreur ». Le Larousse

Pour enjoliver leurs CV, les candidats hésitent de moins en moins à modifier leurs parcours, en valorisant de manière détournée leurs diplômes et expériences professionnelles. Cette pratique relativement courante représente une falsification, et peut être sanctionnable d’un point de vue juridique.

 

Pourquoi les candidats sont-ils de plus en plus nombreux à falsifier leurs CV ?

La falsification des CV devient omniprésente dans le monde professionnel à cause de plusieurs facteurs. Auparavant, les candidats emmenaient généralement leurs CV en main propre à l’entreprise. Dorénavant, avec le développement du numérique, les candidats peuvent envoyer leurs CV de chez eux et ont de moins en moins de culpabilité à mentir devant l’ordinateur.

Le contexte économique

On se rend compte que les candidats sont soumis à de nombreuses pressions. La crise économique y serait-t-elle pour quelque chose ? Probablement… La réduction du nombre de postes et la croissance du chômage a incité les candidats à améliorer leurs CV afin de se démarquer des candidatures concurrentes. Les jeunes générations font de plus en plus d’études pour être plus performantes dans le monde du travail. Les étudiants se tournent souvent vers des formations avec des stages de longues durées ou des alternances pour avoir un profil qui correspond aux exigences des recruteurs actuels.

L’exigence des recruteurs

Le fait que les exigences des recruteurs augmentent, n’aide en rien… Les employeurs recherchent des candidats dotés de grandes expériences professionnelles. Les jeunes diplômés ne trouvent donc pas souvent d’offres en adéquation avec ce qu’ils recherchent. Certains candidats plus âgés et ayant plus d’expériences passent souvent devant la candidature du jeune diplômé. L’âge et les expériences professionnelles sont primordiaux pour les recruteurs.

La chasse aux discriminations

On peut aussi s’intéresser aux discriminations qui sont des causes de la falsification des CV. Près de quatre candidats sur dix affirment avoir été victimes, au moins une fois dans leur vie, d’une discrimination à l’embauche. D’après une étude de l’Ifop, il existe quatre sources de discriminations majeures. Par ordre d’importance, on trouve l’apparence physique, le statut de chômeur, le sexe et les origines. On peut aussi retrouver le handicap, l’âge et le lieu d’habitation. Généralement, ces discriminations ont lieu lors d’un entretien et non lors de la réception du CV.

 

Quelles conséquences pour le fraudeur ?

Avant de frauder, il faut connaître les risques. Avant de procéder à l’embauche, le recruteur se renseignera sur le futur employé. Retrouver sa trace sur les réseaux sociaux et sur internet s’avère être un jeu d’enfant. Il pourra aussi appeler ses précédents employeurs ou vérifier l’authenticité de ses diplômes auprès de ses écoles.

Décrédibilisation auprès du monde professionnel

Si le recruteur se rend compte de l’embellissement de votre CV mais que vous êtes un bon élément, il pourra peut être passer outre. Par contre, si vous n’avez pas les compétences requises et si vous avez menti sur l’authenticité de votre diplôme, cela devient plus grave. Il peut vous “blacklister” dans le cadre de votre recherche d’emploi et vous décrédibiliser auprès des employeurs, selon son influence dans le milieu professionnel.

Licenciement pour faute grave

Si la vérification se produit après votre embauche dans un délai raisonnable, l’employeur se réserve le droit de vous licencier pour faute grave si l’information fausse constitue un élément déterminant du recrutement.

Jurisprudence

L’employeur est dans le droit de vous poursuivre en justice pour faux et usage de faux ou exercice illégal. Vous encourez jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende.

“Dans l’absolu, le candidat qui présenterait un faux diplôme peut néanmoins être poursuivi pour le délit de faux et usage de faux. Il encourt alors une peine de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende” (article 441-1, al. 2 du Code pénal).

Selon la jurisprudence, l’entreprise doit pouvoir montrer qu’elle a été trompée. Cependant, si elle s’en aperçoit 3 ou 4 ans plus tard, même si l’entreprise ne peut plus juridiquement licencier le salarié, elle pourra lui porter préjudice autrement que par des sanctions. Voulez-vous vraiment prendre ce risque ? Est-ce-que cela vaut vraiment la peine ?

 

Le conseil de l’expert

Le conseil de l’expert pour les recruteurs est de bien vérifier l’authenticité des diplômes des candidats avant l’embauche. L’utilisation de CVérifié, vous permet d’être sûr à 100% du candidat que vous choisissez et vous évite de mauvaises surprises.

Le conseil de l’expert pour les étudiants ou jeunes diplômés est de vous inscrire gratuitement sur CVérifié pour certifier vos diplômes, rassurer le recruteur et vous démarquer des autres candidats.

 

Lorsqu’un recruteur vient nous demander de vérifier les informations de ses candidats, nous suivons une méthodologie précise de vérification. A l’issue de cette analyse nous lui fournissons un rapport détaillé de nos observations, et les falsifications en font parties.

Nous les classons cependant dans des catégories bien distinctes :

Exemples de falsifications importantes

  • Ajout d’un diplôme non possédé
  • Création d’un diplôme de toute pièce
  • Altération des dates réelles et des durées des expériences professionnelles, notamment pour combler les trous
  • Modifier l’intitulé d’un diplôme pour le rendre plus pertinent quant à sa recherche
  • Ajouter des compétences non détenues
  • Ajouter des responsabilités non gérées
  • Surévaluer son niveau de langues
  • Mentir sur sa nationalité

Exemples de falsifications mineures

  • Modifier son adresse
  • Mentir sur ses hobbies et ses passions
  • Mentir sur son âge

Etudes de cas

Notre analyse de la polémique autour du “dentiste de l’horreur” :  

Prenons un cas récent, datant de 2016, concernant le dentiste Mark Van Nierop, surnommé le « dentiste de l’horreur » ou « dentiste boucher » qui exerçait à Chatêau-Chinon, une commune française où la désertification médicale est très présente. Celui-ci ne possédait pas de diplômes. Conséquences ? 120 victimes ont été recensées.

Les témoignages tirés du Figaro, nous informe qu’une patiente de 65 ans serait restée sans dents pendant un an et demi. Une seconde patiente de 36 ans serait venue pour une carie et quelques séances plus tard, elle avait treize dents douloureuses.

Le « dentiste de l’horreur » a été condamné à 8 ans de prison avec une interdiction définitive d’exercer.

La falsification est donc bien présente, au quotidien, au sein des entreprises mais aussi au sein du gouvernement. CVérifié, première plateforme de vérification de diplômes techniques par secteur d’activité, a été créée afin de lutter contre la falsification des CV ainsi que pour rassurer les recruteurs. Avec l’utilisation de CVérifié, ce cas ne se serait jamais produit.  

Retrouvez aussi :
Le cas Bruno Le Roux : Au cœur d’une polémique, le nouveau ministre de l’Intérieur Bruno Le Roux est “accusé” d’avoir menti sur son CV. Il aurait ajouté deux écoles de commerce prestigieuses, ESSEC et HEC, pour embellir son curriculum vitae.

Le cas du faux architecte : Un homme de 58 ans a exercé pendant 30 ans, la profession d’architecte sans diplômes, dans les Yvelines. Il a construit de nombreuses écoles et cliniques sans détenir les compétences pour le faire. Il y aurait pu avoir de graves conséquences pour les écoliers et pour le personnel médical : effondrement de la structure et de nombreux blessés graves. Le jugement a été rendu : prison avec sursis et versement de dommages et intérêts.

Avis d’expert CVérifié
Par Mickael Figuiere

Sources :
Article du Monde “Licencié pour faute grave pour avoir menti sur son CV”
Définition “Falsification” du Larousse
Article de Droit-finances.net “Mensonge sur CV et risques de sanctions”
Article de Cadremploi “Je risque quoi à mentir sur mon CV ?”